Aucune carte requise. Le plan gratuit reste gratuit.
Sur cette page
C'est le moment le plus important du hockey mineur parce que c'est le seul où l'enfant est captif, encore chargé d'adrénaline, et seul avec l'adulte dont l'avis compte le plus pour lui. C'est aussi le plus raté, parce que le parent sort d'une heure et demie de gradins où il a tout vu, et qu'il a des choses à dire. Les deux se rencontrent dans un habitacle fermé, dix minutes après la sirène.
Pourquoi ce trajet est si difficile
Un jeune qui sort de la glace n'a pas encore fini de jouer sa partie dans sa tête. Il rejoue le but qu'il a manqué, la punition qu'il a prise, la chose que l'entraîneur lui a dite au banc. Il n'est pas disponible pour une analyse, et ce qu'on lui dit dans cet état se grave beaucoup plus profondément qu'une remarque faite le lendemain. C'est exactement pour ça que ce moment mérite une règle, et non de l'improvisation.
Du côté du parent, l'envie de parler ne vient presque jamais de la malveillance. Elle vient de l'attention : on a regardé chaque présence, on a vu l'occasion ratée, on veut aider. Mais aider tout de suite revient à confisquer la partie de l'enfant pour en faire la nôtre. La retenue de dix minutes coûte peu et change beaucoup.
La phrase à retirer, et par quoi la remplacer
La phrase à retirer est celle qui porte sur un résultat que l'enfant ne contrôle pas entièrement : « tu n'as pas compté », « vous avez encore perdu », « t'as pas beaucoup joué ». Elle a trois défauts d'un coup. Elle énonce un fait que le jeune connaît déjà, elle le rend responsable de quelque chose qui dépend aussi de ses coéquipiers et de son temps de glace, et elle n'appelle aucune réponse possible sauf une excuse.
Remplacez-la par une question dont la réponse appartient au joueur et ne peut pas être fausse. « C'était quoi ton meilleur jeu ? » fonctionne presque toujours, parce qu'elle suppose qu'il y en a eu un, et parce que l'enfant choisit lui-même lequel. Vous apprendrez souvent qu'il est fier de quelque chose que vous n'aviez même pas remarqué depuis les gradins, ce qui est en soi une information précieuse sur ce qu'il valorise dans son jeu.
Aucune carte requise. Le plan gratuit reste gratuit.
Cinq questions qui ouvrent au lieu de fermer
Ces cinq questions ont un point commun : aucune ne peut recevoir une mauvaise réponse, et aucune ne porte sur le pointage. Elles se posent une à la fois, et le silence qui suit fait partie du travail. Si votre jeune ne veut pas parler, c'est une réponse complète en soi, et elle se respecte.
- As-tu eu du plaisir ? La seule question qui compte vraiment, et la seule à poser chaque fois.
- C'était quoi ton meilleur jeu ? Elle suppose qu'il y en a eu un, et laisse l'enfant le choisir.
- Qu'est-ce que tu veux travailler d'ici la prochaine fois ? Elle transforme un regret en projet.
- Comment tu t'es senti sur la glace aujourd'hui ? Elle ouvre sur la fatigue, le stress ou la confiance.
- Est-ce que tu as faim ? Parfois la meilleure question sur le hockey n'est pas sur le hockey.
Et les statistiques, alors ?
Elles n'ont aucune place dans l'auto. Un chiffre sorti à chaud arrive sur une émotion encore vive et sera entendu comme un jugement, même formulé gentiment, et même quand il est bon. Le suivi d'un match existe pour être regardé plus tard, à froid, et toujours sous forme de tendance sur plusieurs parties plutôt que de ligne isolée.
À la maison, un ou deux jours après, la conversation change complètement de nature : le jeune peut voir que ses tirs montent depuis un mois sans que cela ressemble à un bilan de la défaite d'hier. La méthode détaillée, ce qu'on montre et ce qu'on tait, vit dans mesurer sans juger, et la lecture en tendance plutôt qu'en verdict dans notre philosophie de la progression. Et si la vraie question derrière tout ça est de savoir si mesurer met de la pression, elle a sa propre page : suivre ses statistiques, est-ce lui mettre de la pression.
Une dernière remarque, valable surtout pour les plus jeunes : ce qui est arrivé sur la glace compte souvent moins que ce qui se dit ensuite. Un enfant retient rarement le détail de son match, mais il retient très bien le ton du trajet. C'est aussi pour cette raison que les buts ne sont pas la bonne unité de mesure d'une soirée, comme l'explique pourquoi les buts ne sont pas tout, et que ce qu'on attend d'un joueur devrait suivre son âge, ce que détaillent les niveaux du hockey mineur.
Les chiffres attendent la maison. Le trajet du retour appartient au joueur. Plan gratuit permanent, sans carte.
Aucune carte requise. Le plan gratuit reste gratuit.
Questions fréquentes
Et si mon jeune veut parler de la partie tout de suite ?
Alors on parle, et c'est très bien : la règle protège l'enfant, elle ne le bâillonne pas. La différence est que c'est lui qui ouvre le sujet et qui décide jusqu'où aller. Suivre son rythme plutôt que le nôtre est exactement le but.
Que faire après une grosse défaite ou une mauvaise partie ?
Encore moins de mots, pas davantage. Une phrase qui reconnaît l'émotion sans l'analyser suffit, du genre « c'était une dure soirée ». L'analyse d'un mauvais match est utile, mais elle vaut infiniment plus deux jours plus tard, quand le jeune peut l'entendre comme une information plutôt que comme une sentence.
Et si c'est l'entraîneur qui a été injuste ?
Le trajet du retour est le pire endroit pour en parler. Démolir l'entraîneur devant le jeune le place dans un conflit de loyauté qu'il n'a pas les moyens de gérer, et lui offre surtout une explication toute faite pour ses prochaines mauvaises parties. Si le problème est réel, il se règle entre adultes, plus tard, sans l'enfant.
Est-ce que ça change quelque chose au dek hockey ou à la ringuette ?
Rien du tout. Le sport, le calibre et le groupe d'âge ne changent ni le moment, ni l'émotion, ni la bonne question. Un jeune de ringuette qui sort d'une défaite a exactement le même besoin qu'un joueur de hockey M13.
Le plan gratuit permet de créer un joueur et de suivre ses matchs sans carte de crédit.
Créer mon compte gratuitSur le même sujet
- Comment parler de statistiques avec son jeune ?Le mode d'emploi des statistiques avec un jeune joueur : quoi montrer, quoi taire, et les phrases qui construisent au lieu de casser.
- Suivre ses statistiques, est-ce lui mettre de la pression ?La vraie question du parent qui hésite : mesurer, est-ce juger ? Ce que le suivi change pour un jeune joueur, et les trois règles qui évitent la pression.
- Comment redonner confiance à un jeune joueur ?Un jeune sans point pense qu'il joue mal, et rien ne lui prouve le contraire. Pourquoi la confiance fondée sur des faits tient plus longtemps.
- Notre philosophie de la progressionPourquoi on lit les tendances sur dix parties, jamais sur une seule.
- Comment fonctionnent les niveaux et les groupes d’âge du hockey mineur ?Tous les groupes d'âge du hockey dans un tableau : M7 à M18 (Québec), U7 à U21 (Canada), 6U à 18U (É.-U.), France, Suisse, Suède, IIHF. Trouvez le libellé de votre jeune.

